Un Groenland féministe et LGBT.

homosap

Un coup de coeur et un coup de coeur de plus ! Bonjour tout le monde. Je vous parle aujourd’hui d’une lecture importante ! En 24 heures je l’avais déjà dévoré. C’est un livre d’un peu plus de 200 pages avec une stylistique particulière. L’autrice alterne entre prose classique, pensées profondes, e-mail, format journalistique, sms, avec un brio incroyable. C’est une oeuvre emprunte d’actualité, autant dans son contenu que de la façon dont elle est écrite. Un petit bijou qui a retenu mon attention et qui a volé mon coeur ! Je vous laisse découvrir mon avis, désolée pour les quelques spoils mais n’hésitez pas à l’acheter directement et lire mon avis par la suite, parce que vous ne serez pas déçu !

TITRE : Homo Sapienne
AUTEUR : Niviaq Korneliussen
EDITION : La peuplade 2017
RESUME :  Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu’à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu’elle aime les femmes, Ivik comprend qu’elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur «l’île de la colère», où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs. Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée. Elle parle du désir universel d’être soi, socialement, intimement, confiante que les cœurs et les corps sauront être vrais.
NOTE : 10/10

où se le procurer ?


Quelle lecture percutante, quelle lecture déroutante. J’ai adoré, tellement adoré lire cette fresque de la jeunesse groenlandaise. L’autrice a écrit ce livre, son premier roman à l’âge de 23 ans et je suis tellement soufflée par la maturité de son oeuvre. Ce livre se découpe en cinq chapitres, cinq personnages qui racontent plus ou moins la même histoire sur un point de vue différent et qui posent des questions différentes. Chaque personnage vit quelque chose d’intense, de complexe qui se répercute sur les autres. La construction de ce bouquin est presque cinématographique, découpé en chapitre, musiques, personnages pour donner vie à une seule et même histoire. L’histoire de cinq personnes en proie au doute et la complexité de trouver ou d’être en accord avec son identité.

L’histoire commence avec Fia et la construction de ce chapitre m’a bouleversé. Je suis entrée directement dans l’histoire avec ce style franc, haché. On se plonge dans les pensées les plus intimes du personnage, on ressent tout. On angoisse avec elle, on est perdu avec elle, on rit avec elle. C’est le chapitre qui m’a tout de suite fait aimer cette histoire. Et donc on peut dire que la lecture commence vraiment bien. On se retrouve face à un cri du coeur, cette recherche de son identité sexuelle, est-ce qu’elle est en accord avec le monde ? Doit-elle être en accord avec le monde ? Ne devrait-elle pas simplement être en accord avec elle-même ? Je me suis retrouvée face à un discours qui a un aspect universel, important, mais qui paradoxalement s’impose à nous avec la simplicité du coeur. C’est une vague spontanée d’émotions.

« Du Groenland en Afrique, de l’Afrique à la lune, de la lune à Vénus, de Vénus au soleil, du soleil à l’infini, et de l’infini retour ici: elle est plus belle que tout ce trajet. Si Dieu est une femme, elle est plus belle que Dieu. » Fia

Le second chapitre c’est l’histoire de Inuk, le frère de Fia. C’est une histoire troublante, pleine de rejet et de peur. Il rejette sa soeur, parce qu’il se sent rejeter par son pays. Il a peur, de lui, de son pays, pour sa soeur. On lit une nouvelle quête identitaire qui se pose la question de l’appartenance à un pays, un peuple, une nation. Et puis l’acceptation. L’acceptation joue un grand rôle dans chaque histoire. Dans celle de Fia également, puis dans celle d’Arnaq l’exubérante. J’ai adoré ce personnage, cette femme qui finit par comprendre et accepter ses défauts. Cette femme qui doit vivre avec un drame à vous retourner l’estomac. Je l’aime Arnaq, parce qu’elle fait front.

« Ca brûle au point que mes yeux se remplissent d’eau et j’en profite pour évacuer dans les larmes un peu de ma gueule de bois. » Arnaq

Ivik est le quatrième personnage de ce bouquin. Elle passera aussi par le même chemin que les autres, mais pour des raisons différentes. J’aime aussi beaucoup ce personnage qui a réussis à me surprendre et à me toucher. Son histoire est indissociable de celle d’Arnaq et celle de Sara qui va clôturer ce bouquin. Je crois que Sara est la plus torturé, celle qui a le plus de moment de solitude et de mélancolie. Elle a quelque chose de doux et de sombre à la fois. Elle aura un rôle clef dans l’acceptation de Fia, dans celle d’Ivik également. Et par ricochet dans celle de Inuk et Arnaq. Elle est un peu la clef de voûte de cette histoire.

« Des mains sales ne doivent pas toucher. Une âme souillée ne doit pas souiller. Un coeur sombre ne doit pas aimer. » Sara

Cette histoire est bouleversante, elle t’impose un questionnement sur ton propre cheminement. Je pense que c’est un livre qui a déjà eu un écho important et qui ne fera que s’accroître au fil du temps. L’autrice serait en train d’écrire son second roman, sur la question de la maison, « home », chez soi, de l’appartenance à un peuple, un endroit, une famille. J’ai déjà très hâte de le lire, pas vous ?


Sam

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